Au
programme de ce jour, deux fautes des plus sournoises. Deux fautes
que n’importe qui peut commettre…
![]() |
Attention ! Terrain glissant. Nul n’est à l'abri de commettre ces deux fautes !
|
Nous
aurions pu vous parler d’une faute de plus en plus fréquente dans
les collèges : « J’ai étais », « il a
mangeait ».
Deux
erreurs moins grossières, mais tout aussi graves, retiendront
aujourd’hui notre attention. Très récemment encore, nous avons eu
à les corriger dans une thèse de droit et dans un livre écrit par
un excellent journaliste.
Le premier prix est décerné à… « toi » et « moi »
Vous
êtes prêts ? Vous avez vingt secondes pour corriger les deux
fautes présentes dans la phrase ci-dessous :
« À
toi qui me relève et me guérit. »
Vous
vous dites que c’est facile ? C’est bien ! Mais pris
par la fièvre de l’écriture, il est très fréquent d’oublier
que « toi » est bien l’équivalent de « tu ».
Qui fait l’action du verbe ? Toi, tu.
Il
convient donc d’écrire :
« À
toi qui me relèves et me guéris. »
Vous
avez encore un doute ? Remplacez « toi » par
« vous » : « À vous qui me relevez et me
guérissez. »
Première
leçon à tirer : toujours regarder avec attention qui fait
l’action du verbe et ne jamais se laisser séduire par un « qui »,
ou un pronom personnel, s’intercalant parfois traîtreusement entre
le sujet et ledit verbe : « C’est moi qui fais
toujours la faute » ; « À toi, mon ami, qui la fais
toujours aussi ».
Une
deuxième phrase à corriger ? L’intertitre qui suit vous
facilitera sûrement la tâche.
Le second prix revient au inversé sujet
Vous
disposez de vingt secondes. Top !
« Louis
XVI n’était plus un souverain, puisque la nation, de qui émanait
tous les pouvoirs, était déclarée seule souveraine. »
Quel
est le sujet du verbe émaner ? Ce n’est pas Louis XVI qui
émane, ni la nation. Ce sont bien les pouvoirs :
« Louis
XVI n’était plus un souverain, puisque la nation, de qui émanaient
tous les pouvoirs, était déclarée seule souveraine. »
Autre
exemple de ces phrases où le sujet se place après le verbe :
« Le piège dans lequel tombaient systématiquement les
élèves. »
La
conclusion de tout ceci est des plus évidentes : une relecture
efficace nécessite de bien identifier le sujet de vos verbes.
Plaît-il ?
Oui, cela prend un peu de temps [soupir]… Je le sais.
Vous aimerez aussi : Nous-mêmeS ou nous-mêmE ! Quand même.
Bretagne, formation, orthographe : Un monde sans fautes, bien sûr !
bonjour pourquoi avez vous écrit- de qui-au lieu de -laquelle?
RépondreSupprimerBonsoir à vous ! Très bonne question. J'ai laissé cette phrase telle que je l'avais trouvée (faute mentionnée comprise). Oui, on devrait normalement avoir « de laquelle » puisque l'antécédent n'est pas une personne (la nation). Néanmoins, l'auteur a, semble-t-il, fait le choix de personnifier cet antécédent. Il en a tout à fait le droit et la langue française le lui permet.
SupprimerThomas, dans son « Dictionnaire des difficultés de la langue française » (Larousse), l'explique très bien : « Qui, précédé d'une préposition, ne peut représenter […] que des personnes ou des choses personnifiées. » Et il cite un peu plus loin cet exemple : « La France, à qui j'ai donné mon enfant. »
Merci encore de votre question et, je l'espère, à très bientôt.