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« Oh nooon ! C’est
pas vrai ? J’ai fait la faute en envoyant mon CV… »
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Alors là, comme qui dirait, « ça la fout mal ». Un e-mail de deux lignes à écrire pour envoyer un CV et une lettre de motivation à un employeur et… une faute !
« Monsieur le
Directeur,
Vous trouverez ci-joints
CV et lettre de motivation demandés dans votre annonce n°… »
D’accord !
Elle n’est pas très drôle cette règle concernant « ci-joint »,
« ci-inclus », « ci-annexé », mais avouez
qu’il est si fréquent d’utiliser le premier qu’il serait
vraiment dommage de ne pas connaître la manière dont il s’accorde.
Ci-joint en 4 cas
Il existe
quatre cas de figure. Trois sont très simples.
- « Ci-joint » s’accorde lorsqu’il suit le nom auquel il se rapporte : « Vous trouverez ma lettre de motivation ci-jointe. »
- « Ci-joint » est invariable lorsqu’il est en tête d’une phrase ou d’une proposition principale : « Ci-joint, vous trouverez ma lettre de motivation. »
- Il est également invariable quand, au cœur de la phrase, il précède directement (sans article ou autre déterminant) un nom ou un groupe nominal : « Veuillez trouver ci-joint CV et lettre de motivation demandés. »
Jusque-là,
ça va, tous les grammairiens sont d’accord. Ensuite, cela se
complique un peu. Il nous reste un seul cas : « ci-joint »,
placé au cœur de la phrase, précède un nom lui-même précédé
d’un article ou d’un autre déterminant : « Veuillez
trouver ci-joint(e) la lettre de motivation demandée. » Alors,
accord ou pas accord ?
Ci-joint ou ci-joints… C’est la guerre !
Dans ce cas
précis, le Dictionnaire des difficultés de langue française
(Larousse, 2007) est catégorique : « Ci-joint » est
alors adjectif et s’accorde.
Le
Dictionnaire d’orthographe et de difficultés du français
(Robert, 2010) est non moins catégorique : « ci-joint »
est alors adverbe et ne s’accorde pas.
« Et
moi alors, je fais quoi ? », me demanderez-vous. Et une
fois n’est pas coutume, je vous répondrai : « Comme il
vous sied. » C’est en tout cas ce que préconise aussi Le
Bon Usage (Grevisse), de même que l’Académie française dans
son tout récent Dire ne pas dire (Éditions Philippe Rey,
2014), estimant que « l’usage n’est pas fixé ».
Je dois vous
confesser que mon cœur balance souvent en faveur du Larousse. Qu’à
cela ne tienne : dans les années cinquante, le Larousse du
XXe siècle notait déjà
que les deux solutions étaient possibles.
Si vous êtes
un adepte des règles faciles à mémoriser, vous pouvez donc
simplifier les choses en retenant : « Ci-joint est
invariable lorsqu’il précède le nom… et s’accorde avec lui
quand il le suit. »
Mais la prudence est une vertu
Toutefois,
en ce qui concerne la recherche d’un emploi (et uniquement dans ce
cas), je vous conseillerai de ne pas utiliser cette tournure de
phrase (« ci-joint » au cœur de la phrase, + article,
+ nom). Le choix de votre accord pourrait ne pas convenir à
votre interlocuteur qui, selon qu’il ait en tête l’une ou
l’autre des références précitées (le Larousse des difficultés
ou le Robert), pourrait croire que vous avez commis une faute (à ses
yeux impardonnable puisque c’est lui, évidemment, qui connaît la
bonne règle).
Et là, vous n’aurez plus jamais l’occasion de lui
dire : « Oui, mais l’Académie française (et plus
modestement unmondesansfautes.blogspot.com) affirme que dans ce
cas… »
On
écrit « une dictée sans fauteS », « un monde sans
fauteS »… L’accord après « sans » répond à
une logique particulière. Et vous, avez-vous la bonne logique ?
C’est ici :
L’accord après sans, un monde sans fauteS !
Connaissez-vous les formations « Un monde sans fautes » ?